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Etes- vous Marcophile ?

La propagande par flamme d’oblitération

Etes-vous Marcophile ?

Etes-vous Marcophile ? Non ? Alors, n’hésitez plus : la marcophilie est là maintenant qui vous attend. 

gallica 1961

Vous dites? Vous ne savez pas ce qu’est cette maladie ? Mais la marcophilie, Monsieur, n’est point une maladie ou du moins, pas de celles que vous pensez. Le marcophile est un homme qui se porte bien, Dieu merci, et qui n’a aucune raison d’être plus malade qu’un autre. Mais, sans doute, connaissez-vous la philatélie, car tout le monde collectionne les timbres, peu ou prou. Peut-être même avez-vous entendu parler des maximaphiles, ces gens qui s’efforcent lors de l’émission d’un timbre, de réunir sur leurs enveloppes ou sur leurs cartes postales le maximum d’éléments relatifs à ce timbre et pour qui le fin du fin est d’avoir, par exemple, le «15 francs Cathédrale de Senlis » collé sur une carte représentant la cathédrale de Senlis (si possible sous le même angle) et revêtu du cachet de la poste de Senlis avec la date du « premier jour » de l’émission, toujours à Senlis. Eh bien, le mar cophile, lui, est d’une autre espèce : comme son nom l’indique (ou presque), il pourchasse la « marque » postale, c’est-à-dire l’empreinte des tampons, cachets, flammes d’oblitération et autres timbres à date apposés sur les lettres… avec des variantes, bien entendu. 

Mais comment se procurer toutes ces « marques » qui fleurissent, jour après jour, un peu partout en France et jusque dans les moindres petits villages ? C’est à ce problème, à cette difficulté majeure de l’art marcophiliste, que la Poste, attentionnée et bienveillante, vient de s’attaquer pour les résoudre. Une circulaire datée du 17 juin 1961, prévoit, en effet, que « les receveurs des PTT et les dirigeants des bureaux temporaires sont désormais autorisés à donner suite aux lettres et aux cartes postales qui leur sont adressées pour oblitération et expédition ». Une condi tion cependant : « les envois doivent porter au recto, outre les noms et adresse du destinataire, la mention indélébile « CORRESPONDANCE PHILATELIQUE ». 
Une remarque s’impose ici. Souhaitée depuis longtemps par les collectionneurs, cette mesure tardait un peu à être prise et cela pour une raison bien particulière. En effet, il avait été constaté que d’aucuns, voulant, pour des considérations de prestige commercial, paraître, aux yeux de leurs correspondants, domiciliés dans telle ou telle ville renommée, adressaient leur courrier au receveur des PTT de cette ville, afin qu’il l’affranchisse puis l’expé die muni du cachet de la localité. Des dispositions furent prises alors pour éviter cette manoeuvre : les receveurs renvoient systématiquement les correspondances de ce genre à leur expéditeur… à moins, bien entendu, qu’elles ne montrent « patte blanche », c’est-à-dire, en l’occurrence, qu’elles portent la mention indélébile « CORRESPONDANCE PHILATELIQUE ». 
Ainsi donc, marcophiles, après avoir découvert les bureaux de poste de France qui oblitèrent le courrier à l’aide d’une flamme ou d’un cachet manquant à votre collection, vous pouvez maintenant écrire en toute quiétude à chacun des receveurs de ces bureaux en joignant une enveloppe ou une carte postale affranchie et portant votre adresse. Celle-ci vous sera aussitôt renvoyée revêtue de l’oblitération recherchée. Pour corser l’affaire, ajoutons que les flammes d’oblitération changent de temps en temps dans un même bureau et qu’il se crée très souvent aussi des bureaux temporaires dotés de cachets spéciaux. Comme le receveur d’un bureau ordinaire, le dirigeant du bureau temporaire vous renverra une enveloppe oblitérée. Mais n’oubliez pas la mention « CORRESPONDANCE PHILATELIQUE »

Source : Bulletin d’Information des Postes et Télécommunications – 1er août 1961


La propagande par flammes d’oblitération

On ne peut prétendre, pour les P.T.T., être la « Capitale de ceci » ou la « Reine de cela ». Certains organismes ou collectivités publiques, tels que les syndicats d’initiative, les municipalités, etc., peuvent, on le sait, obtenir des P.T.T. qu’une flamme d’oblitération apposée sur les enveloppes vienne consacrer la réputation de leur ville ou de leur région. Mais la liberté — on le comprend — n’est pas, ne peut pas être totale en la matière et son domaine, pour éviter les abus, a dû être soigneusement délimité.

Sur quels objets peut porter la propagande ? La propagande par flammes d’oblitération est réservée : 

PTT

— aux services de l’administration des Postes et Télécommunications; 

sécurité

— aux questions présentant un intérêt général certain;  

manif

— aux manifestations économiques, culturelles ou sportives ;particulièrement importantes 

screenshot

— à la propagande en faveur du tourisme ou du patrimoine artistique.  

SONT INTERDITES : 
— toute propagande de caractère politique ou confessionnel ; 
— toute propagande présentant un caractère préférentiel ou prioritaire (ex. : Capitale de…, Reine de…, Cité du…, Perle du…, etc.); 
— toute propagande en faveur d’une production ou d’un produit déterminé, d’une marque, d’une maison de commerce ou d’un établissement indus 
triel. 
Les flammes en faveur du tourisme ou du patrimoine artistique d’une région ou d’une localité peuvent toutefois comporter, accessoirement et en petits caractères, la simple indication des produits ou des industries notoirement connus de cette région ou de cette localité. 
Comment obtenir la concession d’une flamme d’oblitération ? 
Les demandes de concession doivent être adressées aux directeurs départementaux des Postes et Télécommunica tions par l’intermédiaire d’une autorité administrative (maire, sous-préfet, préfet), accompagnées de l’avis de cette autorité. 
Elles sont accordées pour une durée ‘maximum de deux années. 
Combien cela coûte-t-il ? 
La propagande par flammes d’oblitération est effectuée gratuitement. La seule condition que les P.T.T. mettent à leur concours consiste dans le remboursement, par les concessionnaires, des frais de fabrication des flammes utilisées, d entretien et de remplacement éventuel ainsi qu’aux dépenses résultant de leur mise en service (montages, démontages, réglages, etc.). Le coût de ces diverses opérations varie de 18 000 à 50 000 francs suivant la nature de la flamme (ordinaire ou illustrée) et la durée de la concession ; une majoration de 10 % est éga lement perçue à titre de frais généraux. 

Source : Bulletin d’Information des Postes et Télécommunications – 1er novembre 1959

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